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DOCCUMENT :les mutilations genitales féminines auteur: Dr Kintega Boulma
INTRODUCTION
Toute
société est dotée de normes, de comportements
socialement acceptés, fondées sur lâge, le sexe,
lappartenance sociale, la culture et la religion.
Ces normes et ces pratiques traditionnelles régissent
par exemple léducation des enfants, les relations
entre hommes et femmes, le mariage et la sexualité. Les
mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique
traditionnelle profondément enracinée qui a des conséquences
graves sur la santé des fillettes et des femmes.
On estime quà lheure actuelle, plus de 120
millions de jeunes filles et de femmes dans le monde ont
été victimes dune forme de mutilation génitale
ou dune autre, au moins deux millions de jeunes
filles risquent de le devenir chaque année (17, 39, 79).
Souvent cachée sous le vocable traditiono-culturel de
circoncision féminine, cette pratique est lune
des traditions les plus nuisibles encore pratiquée dans
un grand nombre de régions en développement. Elle
consiste à exciser une partie voire la majorité de lappareil
génital féminin externe en accompagnant lopération
par une cérémonie généralement avant lâge de
la puberté.
Traumatisante aussi bien sur le plan physique que
psychique, cette pratique, parce quelle est irréversible,
a des répercussions sur la santé et le bien-être (en
particulier sur lhygiène sexuelle et la santé en
matière de reproduction) des victimes et ce leur vie
durant. De plus, la mutilation génitale féminine (MGF)
renforce les inégalités, qui sont le lot des femmes au
sein des communautés qui la pratiquent. Cest un
problème difficile qui doit être résolu si nous
voulons satisfaire les besoins des femmes en matière de
développement sanitaire, social et économique.
Malgré son ampleur, beaucoup reste à faire dans le
domaine de linformation, de l'étude, de la
recherche et surtout de létendue du problème et
des types dintervention qui pourraient léliminer.
Le Maroc est lun des pays musulmans ne pratiquant
pas les MGF et ce nonobstant les multiples thèses erronées
prétextant que lorigine de cette pratique existe
dans le Coran.
La discussion sur ce sujet épineux a un but essentiel,
à savoir : n
Mettre en exergue, à travers une revue de la
bibliographie, les fondements, la prévalence et surtout
les effets nocifs de la MGF sur la santé des filles et
des femmes. n
Malgré labsence de cette pratique au Maroc, elle mérite
une discussion qui peut rester académique ou servir de référence
pour le corps médical marocain vu larrivée au
Maroc de plus en plus de personnes issues des régions où
elles sont pratiquées..
I. RAPPEL
EMBRYOLOGIQUE : (62)
A la fin de la 4ème semaine de gestation la membrane
cloacale est bordée dun cordon de mésenchyme :
le repli cloacal. En avant, le mésenchyme est plus épais,
il forme le bourgeon cloacal.
Vers la fin de la 7ème semaine, le périnée sépare
membrane uro-génitale et membrane rectale. La membrane
uro-génitale est bordée par les replis génitaux entourés
dun deuxième cordon de mésenchyme : les
bourrelets génitaux. Le ligament inguinal vient se
terminer dans les bourrelets génitaux. Le repli cloacal
sest développé en tubercule génital. Replis génitaux,
bourrelets génitaux et tubercule génital sont les premières
ébauches communes des organes génitaux externes féminins
et masculins. La différenciation se fera au 3ème mois
de la vie intra-utérine. Cest ainsi que : n
Le tubercule génital donnera naissance au clitoris. n
Les replis génitaux formeront les petites lèvres. n
Les bourrelets génitaux formeront les grandes lèvres.
Tableau
I : Comparaison de la différenciation des OGE
féminins et masculins.
II. RAPPEL
ANATOMO-PHYSIOLOGIQUE : (86)
Lensemble des organes génitaux externes (OGE) est
désigné sous le nom de vulve.
La vulve est occupée à sa partie moyenne par une dépression
médiane appelée vestibule au fond de laquelle souvrent
lurètre et le vagin.
Elle est limitée de chaque côté par deux larges replis
cutanés juxtaposés : la grande lèvre en dehors,
la petite lèvre en dedans.
Les petites lèvres sont reliées par leurs extrémités
antérieures à un organe érectile médian le clitoris
qui est formé par la réunion de deux corps érectiles :
les corps caverneux.
On distingue également deux autres organes érectiles
appelés vestibules.
Deux glandes sont annexés à la vulve : Ce sont les
glandes de Bartholin.
Organe très vascularisé et innervé, la vulve participe
beaucoup à la sexualité féminine.
2 3 4 Anatomie
normale des organes génitaux externes
féminins (83). 1.
Clitoris, 2. Grande lèvre, 3. Petite lèvre, 4. Vagin
A. LES GRANDES LEVRES :
Ce sont de larges replis cutanés situés de part et dautre
du vagin à la partie externe des petites lèvres.
On leur distingue deux faces, deux bords et deux extrémités:
Face externe : Recouverte de poils,
est séparée de la cuisse par le sillon génito-crural.
Face interne : En rapport avec les
petites lèvres.
Le bord supérieur : Il recouvre les
branches ischio-pubiennes en avant et le triangle ischio-bulbaire
en arrière.
Le bord inférieur : Libre, il est
recouvert de poils.
Lextrémité antérieure : se
confond à une saillie médiane ; le mont de venus.
Lextrémité postérieure : elle
se réunit avec celle du côté opposé pour former la
commissure postérieure des grandes lèvres.
Composées de tissu musculo-cutané, les grandes lèvres
participent à la protection du vagin et des petites lèvres.
B. LES PETITES LEVRES :
Ce sont de fins replis cutanéo-muqueux situés à lentrée
du vagin et en dedans des grandes lèvres. Elles présentent
comme les grandes lèvres deux faces, deux extrémités
et deux bords :
La face externe : lisse, est située
en avant des grandes lèvres dont elle est séparée par
le sillon labial.
La face interne : Forme la paroi latérale
du vestibule.
Le bord supérieur : Il répond au
bulbe vestibulaire
Le bord inférieur : Il est libre,
mince, irrégulier et dentelé
Lextrémité antérieure : Elle
se divise en deux replis secondaires : lun antérieur
qui forme avec celui du côté opposé le capuchon du
clitoris. Lautre postérieur forme avec celui du côté
opposé le frein du clitoris.
Lextrémité postérieure : Plus
étroite, elle forme avec celle du côté opposé la
commissure postérieure des petites lèvres ou fourchette.
Constituées dun repli cutané et du tissu
conjonctivo-élastique, les petites lèvres ferment et
protègent le vagin.
Leur richesse vasculo-nerveuse et leur intime rapport
avec le clitoris leur permettent davoir une
fonction complémentaire de celle du clitoris.
C. LE CLITORIS :
Organe érectile par excellence, le clitoris est formé
par les corps caverneux et par des enveloppes. Il est
divisé en trois parties : le corps, le genou et le
gland recouvert par un fin prépuce.
Les corps caverneux et le gland du clitoris ont une
structure identique à celle des corps caverneux et du
gland de la verge.
Organe très innervé et vascularisé, il est lorgane
de sensation de la femme par excellence.
D. LE VAGIN :
Cavité virtuelle en temps ordinaire, situé à la partie
moyenne de la vulve, le vagin constitue lorgane de
copulation par excellence on lui distingue : Deux
faces (antérieure et postérieure), deux bords latéraux
et deux extrémités :
La face antérieure est en rapport
principalement avec la vessie.
La face postérieure avec
le rectum.
Lextrémité supérieure sinsère
sur le col utérin.
Lextrémité inférieure :
elle souvre au fond du vestibule ; cet
orifice est rétréci chez la femme vierge par un repli
muqueux : Lhymen.
Le vagin est également en rapport avec lurètre
avec la partie supérieure de son bord latéral.
La paroi du vagin est tapissée dune muqueuse
parcourue par des replis.
En plus de sa fonction dans la sexualité, le vagin
permet lorientation et la sortie de la tête ftale
pendant laccouchement.
E. LES GLANDES DE BARTHOLIN :
Petites glandes paires situées de part et dautre
dans lépaisseur des grandes lèvres, elles souvrent
dans la cavité vaginale par le canal excréteur. Elles
secrètent du mucus qui humidifie le vagin.
F. LES BULBES VESTIBULAIRES :
Ce sont deux organes érectiles annexés à la vulve et
placé de part et dautre des orifices du vagin et
de lurètre. Ils représentent le bulbe et le corps
spongieux de lhomme.
Comme le clitoris, ils jouent un rôle important dans
l'acte sexuel.
III- VASCULARISATION
ET INNERVATION DE LA
VULVE : ·
Artères
Une
ligne horizontale passant par le gland du clitoris divise
la vulve en deux territoires artériels antérieur et
postérieur : Ø
Le territoire antérieur est vascularisé par les artères
honteuses externes supérieure et inférieure, branches
de la fémorale et accessoirement par une branche
terminale de lobturatrice et par lartère
funiculaire Ø
Le territoire postérieur est sous la dépendance de lartère
honteuse interne qui donne en particulier les artères
dorsales et profondes du clitoris, urétrale, bulbaire et
des rameaux pour les glandes vestibulaires majeures. ·
Veines
Le
réseau veineux est dense, surtout dans les lèvres, où
il donne lapparence dun tissu caverneux. Le
drainage du mont du pubis, du prépuce et de la partie
antérieure des lèvres se fait par les veines honteuses
externes vers la grande veine saphène. Le
drainage du clitoris, des bulbes vestibulaires et de la
partie postérieure des lèvres se fait par les veines
honteuses internes. ·
Lymphatiques
La
vulve est recouverte dun riche réseau lymphatique
dont le drainage principal est inguinal ; le
drainage iliaque interne est accessoire et est rarement
concerné dans les envahissements néoplasiques. La
frontière entre les territoires lymphatiques vulvaires
et fémoraux correspond aux plis génitofémoraux. ·
Innervation
Le
nerf somatique principal de la vulve est le nerf honteux
qui innerve les deux tiers postérieurs des grandes lèvres,
des petites lèvres, le bulbe et le clitoris. Les
branches génitales des nerfs iliohypogastrique, ilio-inguinal
et genitofémoral innervent le mont du pubis et le tiers
antérieur des grandes lèvres qui constituent le pôle dirradiation
des douleurs de ces nerfs. Le
nerf cutané postérieur de la cuisse participe à linnervation
de la partie moyenne des grandes lèvres. Toute
cette innervation accessoire explique linsuffisance
du bloc honteux pour lanesthésie totale de la
vulve. Ces
nerfs forment par ailleurs, autour de la vulve, une sorte
daura sensitive précédant la stimulation vulvaire. Les
nerfs végétatifs proviennent des plexus hypogastriques
inférieurs.
I- DEFINITION
ET TERMINOLOGIE : (3, 72, 77, 79) A-
TERMINOLOGIE : (3) La
langue française utilise différents termes pour désigner
les mutilations sexuelles féminine. En règle générale,
on parle de circoncision, d'excision et d'infibulation (selon
le cas). La langue juridique arabe emploie le terme khafd
ou khifad pour la désigner. Mais la langue
courante utilise le terme khitan pour désigner
aussi bien la circoncision masculine que féminine. On
parle aussi de taharah, ce qui signifie purification,
ces mutilations étant supposées purifier ceux qui les
subissent. B.
LA CIRCONCISION FEMININE ET MASCULINE
: (3) La
circoncision féminine provoque un débat public passionné
en Occident. Plusieurs organisations nationales, non-gouvernementales
et internationales s'y intéressent. Ce débat a un
certain écho dans le monde arabe. Les milieux féministes
réclament son abolition alors que les milieux religieux
musulmans essaient, le plus souvent, de justifier la
circoncision féminine seulement sous la forme dite sunnah,
jugée conforme à la tradition de Mohamed.
Contrairement à la circoncision masculine, on trouve, très
peu d'intérêt pour la circoncision féminine dans les
ouvrages juridiques arabes. La distinction qui est faite
entre la circoncision masculine et la circoncision féminine
se justifierait pour des raisons médicales et
culturelles. Selon certains auteurs (3, 72, 79) : Il
n'y a pas de similitude entre la circoncision des garçons,
mesure prophylactique recommandée pour les garçons dans
presque toutes les sociétés, et la circoncision des
filles dont le but principal est d'atténuer, sinon de réprimer,
le désir sexuel chez les femmes. Lors
du Séminaire de l'ONU à Ouagadougou, la majorité des
participants était d'avis que les justifications de la
circoncision féminine tirées de la cosmogonie et celles
issues de la religion "doivent être assimilées à
la superstition et dénoncées comme telles" puisque
"ni la Bible, ni le Coran ne prescrivent aux femmes
d'être excisées". Elle a recommandé "de
faire en sorte de dissocier, dans l'esprit des gens, la
circoncision masculine qui a une fonction hygiénique, de
l'excision qui est une atteinte grave à l'intégrité
physique de la femme". C.
DEFINITION : (3, 72, 77, 79) La
mutilation des organes génitaux féminins est lexcision
rituelle dune partie ou de lintégralité des
organes génitaux externes dune femme ou dune
fille. Cest une pratique culturelle ancienne qui
subsiste aujourdhui un peu partout dans le monde,
principalement dans certaines régions dAfrique. Très
souvent appelé « circoncision féminine »
par analogie à la circoncision masculine, la
circoncision féminine n'est pratiquée ni par tous les
musulmans ni par tous les arabes. Elle est pratiquée
principalement dans 28 pays africains et quelques régions
du Moyen-Orient et d'Asie. Elle toucherait environ plus
de 120 millions de femmes. Souvent, la circoncision féminine
est faite sans anesthésie, par des personnes sans
formation médicale, des barbiers ou des sages-femmes,
avec des instruments rudimentaires donnant lieu à des
complications qui mènent parfois à la mort. Selon la
terminologie, on distingue plusieurs sortes de
circoncisions féminines : -
La circoncision féminine dite sunnah, ou en
conformité à la tradition de Mohamed. Les milieux
religieux qui défendent cette forme de circoncision féminine
ne précisent pas toujours en quoi elle consiste, ni le
texte religieux qui la décrit. Selon un auteur
classique, Al-Mawardi (3), "elle se limite à couper
la peau en forme de noyau qui se trouve au sommet de
l'organe. On doit donc en couper l'épiderme protubérant,
sans aller jusqu'à l'ablation". Pour le docteur
Hamid Al-Ghawabi (3), il s'agit de couper aussi bien le
clitoris que les petites lèvres. Selon le docteur Mahran
(3), on excise le capuchon du clitoris ainsi que les
parties postérieures les plus importantes des petites lèvres.
-
La clitoridectomie ou excision. Elle porte sur l'ablation
du clitoris ainsi que des petites lèvres. C'est l'opération
pratiquée le plus fréquemment en Egypte. -
L'infibulation ou circoncision pharaonique. Le terme
« infibulation » provient dun mot latin
signifiant « bouclé ensemble ». Elle
est pratiquée notamment au Soudan et en Somalie et
consiste en l'ablation totale du clitoris, des petites lèvres
et d'une partie des grandes lèvres. Les deux parties de
la vulve sont alors cousues ensembles au moyen de points
de suture de soie ou de catgut (au Soudan) ou au moyen d'épines
(en Somalie) pour que la vulve soit fermée à
l'exception d'un minuscule orifice pour le passage de
l'urine et du flux menstruel. Au cours de la nuit de
noces, l'époux devra "ouvrir" sa femme, le
plus souvent à l'aide d'un poignard à double tranchant.
Dans certaines tribus (3, 79), la femme est recousue à
chaque départ du mari et "réouverte" à
chaque retour de celui-ci. On ferme l'ouverture en cas de
divorce pour éviter que la femme ait des rapports
sexuels. Signalons
que l'Occident a pratiqué dans le passé la circoncision
féminine et surtout l'infibulation. Un des modèles de
ceintures de chasteté consistait à faire passer des
anneaux dans les lèvres et la vulve et à les fermer par
un fil de fer ou par un cadenas dont le mari gardait la
clef même et surtout quand il s'absentait. Une certaine
forme de circoncision féminine, pratiquée dans la tribu
des Kikuyu du Kenya, serait effectuée aujourd'hui dans
certains hôpitaux de Paris pour accroître la capacité
de jouissance de certaines femmes aisées. On dégage le
clitoris et on le rabat à l'intérieur du vagin. Une
telle pratique augmenterait la jouissance sexuelle des
femmes. Les
termes circoncision féminine et excision ont été
très longtemps utilisés pour designer les mutilations génitales
féminines mais pendant la Conférence sur les pratiques
traditionnelles, Addis Abeba, 1990, les délégués ont
considéré que les termes "circoncision féminine
et excision peuvent prêter à confusion et pourraient ne
pas décrire pleinement la diversité de cette pratique".
Le terme de « circoncision » a pour effet de
passer sous silence limportance de la mutilation.
Ils ont recommandé de les remplacer par mutilations génitales
féminines (Rapport sur les pratiques traditionnelles,
Addis Abeba, 1990, p. 8). Ce terme a été adopté plus
tard en 1996 par lOrganisation mondiale de la
santé qui, après réflexion a jugé nécessaire de
donner une définition plus approfondie et large pouvant
regrouper les différentes sortes de mutilations. Cest
ainsi que les mutilations génitales féminines ont été
définies comme : toutes interventions incluant lablation
partielle ou totale des organes génitaux externes féminins
et/ou toute intervention pratiquée sur les organes génitaux
féminins pour une raison non médicale (définition de LOMS).
Elles ont été également regroupées en quatre types dopération
de gravité croissante. II.
TECHNIQUE : (3, 72)
Il
est difficile détablir une technique commune à
toutes les mutilations génitales féminines car elle
varie en fonction du lieu et de la région où on
pratique ces mutilations. La technique peut varier de la
technique traditionnelle que nous allons décrire à des
formes plus modernes se rapprochant dune
intervention chirurgicale. A.
PREPARATION : Il
ny a pas de préparation particulière avant lexcision,
la fille qui doit subir la mutilation est en générale
conseillée par sa tante ou une vieille qui lui explique
les bienfaits de lopération selon la coutume. La
fille est prévenue de la douleur quelle aura au
cours de lopération. Son courage est très
souhaitable et honore la famille. C'est après cet
entretien que la fille ou les filles, quant il sagit
dune grande cérémonie, subit(ssent) lopération
dont elle(s) ignore(ent) complètement les conséquences B.
LES INSTRUMENTS UTILISES : (3,
77) Les
mutilations génitales féminines sont faites à laide
dinstruments divers allant du plus rudimentaire et
primitif au plus moderne. Ce sont : -
les lames des tiges de mil -
les petites haches -
les couteaux -
les tessons de bouteilles -
les lames de rasoirs -
les bistouris. C.
LES EXECUTANTS : (3, 72, 77) Les
pratiquants des MGF sont en général des femmes adultes
qui sont de statuts divers selon les régions. Parmi
celles ci nous pouvons retenir : -
Les exciseuses ayant hérité leur fonction dune mère
ou dune tante . -
Les exciseuses provenant de familles dexciseuses -
Des agents de santé Il
faudra souligner que très souvent ces exécutantes nont
aucune notion danatomie ni de connaissances
chirurgicales, ignorant ainsi les conséquences médicales
de leur actes. D.
LIEU DE LA PRATIQUE : Les
MGF sont pratiquées dans plusieurs lieux selon les
régions et les circonstances, elles peuvent se faire : -
Chez lexciseuse -
Sous un arbre sur la place publique -
Dans une formation sanitaire -
Au domicile des parents de la fille. Aujourdhui
avec la campagne déradication elles sont faites
dans la plus grande clandestinité. E.
TECHNIQUE PROPREMENT DITE : La
fille est habituellement excisée, sans anesthésie, en décubitus
dorsal, les cuisses maintenues écartées par des aides,
ou par un(e) seul(e), couché(e) sous la jeune fille et
lui crochetant les chevilles avec les pieds. Pour
immobiliser une fille de sept ans, il faut parfois
l'intervention de cinq personnes pour tenir la tête, les
deux mains et les deux jambes. Quand il s'agit d'une
petite fille, un(e) seul(e) assistant(e) peut lui
maintenir à la fois le corps et les cuisses,
l'immobilisant en position assise. Lexécutante
saisit la partie à exciser (petite lèvre ;
clitoris ; grandes lèvres ) et coupe avec un
instrument tranchant. Ceci sans anesthésie et dans des
conditions dasepsie douteuse. Les cris de
douleurs de la fille consentante ou non sont couverts par
des incantations ou des you- you des assistantes ou
tout simplement par des roulements de tam- tam. Parfois
dans certaines régions (72), le clitoris est brûlé par
du feu à laide de braise provenant dun arbre
sacré. La plaie est recouverte par un pansement fait de
beurre, parfois de préparations végétales pilées de
graines darachide, de coton et même de la bouse de
vache.
Technique
traditionnelle dexcision (72).
III. CLASSIFICATION
: (5, 7, 77) Plusieurs
sortes de MGF sont pratiquées à travers le monde.
Lorganisation mondiale de la santé les a regroupées
en quatre (4) types dopération de gravité
croissante (77). -
Type I : excision du prépuce, avec ou
sans ablation partielle ou totale du clitoris. Elle est
parfois appelée sunna. -
Type II : excision du clitoris et
ablation partielle ou totale des petites lèvres. -
Type III : excision partielle ou
totale des organes génitaux externes. Parfois appelée
« circoncision pharaonique » ou infibulation
et consiste à exciser non seulement le clitoris,
mais aussi les petites lèvres, et deux tiers au moins
des grandes lèvres. Les bords à vif sont alors cousus
ensemble, ne laissant quune mince ouverture
pour lurine et menstruation -
Type IV : non classé, concerne toutes les
autres formes de MGF.Ce sont : ·
Cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu
avoisinant. ·
Grattage de lorifice vaginal ou incision du
vagin ·
Introduction de substances corrosives ou de plantes dans
le vagin pour provoquer des saignement ou pour resserrer
ou rétrécir le vagin. ·
Et toutes les autres formes répondant à la définition. Le type I et I |