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ACTUALITE /
SIDA / FEMMES ET VIH
vendredi 24 mai 2002, 15h09
Femmes et VIH
A linitiative des laboratoires GlaxoSmithkline, une journée
scientifique consacrée aux spécificités de linfection
à VIH chez les femmes était organisée hier à
Paris. Loccasion daborder, plus que les différences entre hommes
et femmes (même si les traitements et leurs effets indésirables
ont fait lobjet de présentations), les questions purement féminines
liées au virus (infections gynécologiques, grossesse).
Un constat simpose: le manque de données et détudes
sur des cohortes féminines, ce qui a donné lieu à
une réflexion sur la prise en charge des femmes VIH+.
Lhistoire naturelle du SIDA nous dit que le risque de développer
ce syndrome est plus élevée chez la femme que chez lhomme
(risques dexposition au virus plus élevé, partenaires
masculins plus âgés donc plus susceptibles dêtre
contaminés) mais que ce risque devient comparable entre les
deux sexes une fois le traitement antirétroviral amorcé.
Il a également été observé un accès
aux soins moins prononcé pour les femmes (bien quelles
soient dépistées plus tôt notamment à cause
des tests effectués en cas de grossesse) car dune manière
générale, linclusion des femmes dans les essais
thérapeutiques est peu fréquente (à cause de
la lourdeur des prises en charge et de la moindre disponibilité
des femmes).
Concernant les caractéristiques pharmacocinétiques des
femmes vis à vis des traitements antirétroviraux (ARV),
peu de recommandations émergent toujours du fait du peu détudes
réalisées (à cause principalement des fluctuations
hormonales et des risques liés aux grossesses).
La tendance est à une diminution de la clairance des ARV lipophiles
(et donc à laugmentation du risque de toxicité)
liée à la masse graisseuse plus importante chez la femmes.
Toutefois, devant le nombre ridicule de femmes incluses dans les études,
la conclusion est quil faut prendre en compte le paramètre
sexe dans ces dernières pour vraiment pouvoir étudier
la distribution des ARV dans lorganisme.
Concernant les risques liés à la prise dARV, il
a été souligné les lipodystrophies engendrées
par lutilisation des ARV (notamment les inhibiteurs de protéase)
et les risques de syndrome métabolique qui en dépendent
(insulino-résistance, diabète, hypertension artérielle,
athérosclérose).
Dune manière générale, il a été
recommandé de faire très attention à lapparition
des lipodystrophies (notamment la lipoatrophie) chez la femme VIH+
sous traitement ARV ainsi quà lapparition de tissu
adipeux viscéral (obésité androïde) précurseur
de risques cardiovasculaires.
Limportance de la prise en charge gynécologique des femmes
VIH+ a été soulignée car les infections génitales
à papillomavirus sont plus fréquentes et plus graves
chez ces femmes (et également les cancers du col), de même
que les autres infections gynécologiques qui favorisent la
transmission du VIH.
Enfin la grossesse chez les femmes séropositives a été
évoquée, notamment les problèmes de tolérance
concernant surtout lAZT, le 3TC, la névirapine (ou le
d4T+ddl avec le risque dacidose lactique), mais là encore
force a été de constater le peu de données publiées
sur la pharmacodynamique des ARV chez les femmes.
En conclusion de ces débats, il est apparu fondamental de revoir
les critères dexclusion des protocoles et des essais
cliniques concernant lentrée des femmes dans les études,
afin de pouvoir prendre en compte leurs spécificités
physiologiques et culturelles.
Source : 6ème journée annuelle GSK Femmes
et VIH, 23 mai 2002, Paris
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