|
ACTUALITE / PALUDISME
........................DOSSIER D'ACTUALITE..:
|
LE PALUDISME ou LA
MALARIA
|
EPIDEMIOLOGIE- ETIOLOGIE
Le paludisme
est une maladie tropicale qui sévit à l'état
endémique en Afrique, en Amérique centrale et en Amérique
du Sud, en Inde et en Asie du Sud-Est. On estime à au moins
3 milliards d'individus la population vivant dans les régions
où le paludisme existe à l'état endémique
: plus de 500 millions de personnes sont infectées et 2 à
4 millions, dont 1,5 million d'enfants, en meurent chaque année.
L'agent de la maladie est un parasite, un protozoaire
(hématozoaire) du genre Plasmodium, transmis par un
moustique, l'anophèle, et qui infecte alternativement les insectes
et les hôtes humains.
Thèmes associés
L'agent vecteur est l'anophèle femelle,
dans l'estomac duquel le parasite se reproduit selon un cycle sexué
qui aboutit à la formation de formes primitives des parasites
(sporozoïtes) qui gagnent les glandes
salivaires de l'insecte, dont la piqûre devient alors virulente.
Inoculés à l'homme à l'occasion d'une piqûre
par le moustique, les sporozoïtes restent dans le sang pendant
une courte période puis migrent dans le foie où ils
s'installent dans les cellules du parenchyme hépatique et se
multiplient selon un cycle asexué
(stade de schizogonie pré-érythrocytaire). Après
12 jours environ, il peut y avoir plusieurs milliers de jeunes parasites
(appelés désormais mérozoïtes)
dans une cellule hépatique; la cellule éclate alors
et les mérozoïtes libérés intègrent
les hématies. Dans les hématies, les mérozoïtes
parasites se développent alors sous deux formes, le cycle sexué
et asexué. Le cycle sexué produit des gamètes
mâles et femelles, lesquels circulent dans le sang et sont absorbés
par les femelles du moustique au cours du repas sanguin. Les gamétocytes
mâles et femelles fusionnent dans l'estomac du moustique et
forment des oocystes sur les parois de
l'estomac. Ces oocystes se développent en quelques jours et
regorgent de nombreux sporozoïtes qui migrent dans les glandes
salivaires et sont alors prêts à être injectés
à l'homme au prochain repas sanguin du moustique. Dans le cycle
asexué, les parasites en développement forment, dans
les hématies, des schizontes qui contiennent beaucoup de mérozoïtes.
Les hématies infectées éclatent et libèrent
des lots de jeunes parasites (les mérozoïtes) qui envahissent
de nouvelles hématies.
La maladie se manifeste par de violents accès
fébriles accompagnés de frissons
intenses, séparés par des accalmies de 24 h (fièvre
tierce) ou de 48 h (fièvre quarte).
ll existe quatre formes de paludisme, chacune étant causée
par une espèce différente de Plasmodium : Plasmodium
ovale (principalement rencontrée en Afrique tropicale);
Plasmodium vivax (commune en Asie du
Sud-Est); Plasmodium malariae (présente
en Afrique, en Amérique centrale, en Amérique du Sud
et dans une partie de la Nouvelle-Guinée) et Plasmodium
falciparum. Bien que les quatre espèces soient en mesure
de provoquer une hémolyse (quand une nouvelle génération
de parasites se libère des hématies), cela se passe
généralement sans conséquences graves, sauf s'il
s'agit de P. falciparum qui est responsable des formes malignes du
paludisme, soit sous forme d'accès dit pernicieux, qui s'accompagne
de complications neurologiques, rénales, cardiaques, soit sous
forme de fièvre bilieuse hémoglobinurique qui correspond
à un ictère hémolytique aigu gravissime, pouvant
conduire à l'anurie et à la mort. Les raisons du caractère
extrêmement pathogène de P. falciparum sont que cette
forme infecte indifféremment les hématies de tous âges,
tandis que P. vivax et P. ovale préfèrent les jeunes
hématies et que P. malariae infecte de préférence
les hématies matures, et qu'elle se multiplie très rapidement,
pouvant infecter 30 % des hématies ou plus, et causant une
hémolyse grave.
Le paludisme est une maladie très ancienne,
et on pense que l'homme préhistorique a déjà
dû en souffrir. La maladie est probablement originaire d'Afrique
et a suivi les migrations humaines vers les côtes de la Méditerranée,
jusqu'en Inde et en Asie du Sud-Est. Dans le passé, le paludisme
était fréquent dans les marais Pontins, autour de Rome,
et en Campanie. L'inféodation à l'homme des quatre espèces
de Plasmodium s'est faite à des époques différentes.
Les premières espèces à avoir inféodé
l'homme, P. malariae, P. vivax et P. ovale, sont désormais
les mieux tolérées par lui, l'organisme humain s'est
adapté au cours des siècles, les parasites peuvent survivre
très longtemps dans l'organisme et les crises qu'ils provoquent
ne sont en général pas mortelles. Au contraire, la dernière
espèce à avoir inféodé l'homme, P. falciparum,
est très mal tolérée, le parasite survit rarement
plus de deux mois dans l'organisme et il est responsable de la plupart
des décès causés par le paludisme. Les formes
de P. falciparum en développement semblent adhérer aux
vaisseaux sanguins des grands organes comme le cerveau et restreignent
le flux sanguin, avec de graves conséquences.
Les médicaments antipaludiques se
classent en plusieurs groupes chimiques. La
quinine (sulfate de quinine) a été utilisée
durant plus de trois siècles; jusqu'aux années 1930,
ce fut le seul médicament efficace pour le traitement du paludisme.
Parmi les quatre principaux alcaloïdes découverts à
partir de l'écorce du Cinchona, c'est le seul médicament
qui est resté largement et longtemps efficace pour le traitement
des accès graves. Actuellement, elle est seulement utilisée
dans le cadre du traitement du paludisme grave à P. falciparum,
en partie à cause des effets secondaires indésirables.
La chloroquine a été utilisée pour la première
fois dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale.
Elle était efficace pour la guérison de toutes les formes
de paludisme, particulièrement contre les formes dues aux souches
de P. vivax, et provoquait peu d'effets secondaires quand elle était
administrée selon la dose recommandée. Malheureusement
la plupart des souches de P. falciparum sont devenues de nos jours
résistantes à la chloroquine; et plus récemment
des souches de P. vivax devenues résistantes à la chloroquine
ont également été signalées en Papouasie-Nouvelle-Guinée,
en Indonésie, en Thaïlande et en Inde.
La prophylaxie varie en fonction de la région, par exemple
le pays, la ville ou le milieu rural; elle repose sur la prise de
médicaments antipaludiques avant (généralement
une semaine) le séjour en région endémique, pendant
toute la durée de celui-ci et pendant 45 jours après
le retour en Europe. La méfloquine est encore largement utilisée
en prophylaxie antipaludique (P. falciparum) ; elle a une longue demi-vie
et elle est très adaptée pour une dose unique par semaine.
La doxycycline est probablement le meilleur médicament pour
la prophylaxie antipaludique à administrer dans les régions
à très haut risque comme l'Asie du Sud-Est. Cependant,
son utilisation chez les enfants de moins de huit ans, les femmes
enceintes et les femmes qui allaitent est proscrite. La chloroquine
est considérée comme un médicament sans danger
pour la femme enceinte, la femme qui allaite et l'enfant. Cependant,
il est prudent de dissuader les femmes enceintes de voyager dans des
zones impaludées à cause des problèmes liés
au traitement et du risque pour le foetus en cas de paludisme.
Les voyageurs doivent dans tous les cas prendre des mesures actives
pour se protéger des piqûres de moustiques. C'est le
moyen le plus efficace pour éviter le paludisme. Les moustiques
commençant généralement à piquer à
partir de la tombée de la nuit, les vêtements doivent
alors couvrir complètement les membres inférieurs et
supérieurs. De plus, des produits répulsifs doivent
être soigneusement appliqués sur les parties du corps
exposées.
|